
Certains spectacles font partie de ces incontournables que l’on rêve de découvrir au moins une fois. Le 30 décembre 2024, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, Casse-Noisette représentait justement cette première fois, mais aussi la réalisation d’un véritable rêve de petite fille.
Dès les premières minutes, le spectacle nous fait entrer dans une bulle. Le monde extérieur s’efface tranquillement pour laisser place à l’univers de Clara, à ses personnages, à la musique de Tchaïkovski et à toute cette féérie qui habite la scène.
Une bulle dans laquelle on reste volontiers jusqu’à la fin.
Une tradition montréalaise qui continue de faire rêver
Présentée à Montréal depuis 1964, la version de Casse-Noisette des Grands Ballets est celle du danseur et chorégraphe montréalais Fernand Nault. Inspirée du conte d’E.T.A. Hoffmann et portée par la célèbre musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski, elle suit Clara, qui reçoit un casse-noisette la veille de Noël avant d’être entraînée dans un univers où jouets, souris et personnages fantastiques prennent vie.
Fernand Nault a notamment choisi d’accorder une place importante aux enfants dans sa version. De jeunes danseurs participent à la production, entre autres dans le rôle des petites souris. Un choix qui prend tout son sens dans une œuvre où l’imaginaire de l’enfance occupe une place aussi importante.
Visuellement, la production est à couper le souffle. Les costumes attirent immédiatement l’attention par leurs couleurs, leur richesse et tous les détails qui les composent. Les décors accompagnent Clara dans les différents univers de son aventure, du Royaume des neiges jusqu’au Royaume des friandises.
Le sapin, la neige, les personnages qui envahissent la scène, les changements de décors… il y a constamment quelque chose à regarder. Réunissant près de 165 interprètes, la production prend par moments une ampleur impressionnante. Malgré tout ce qui se déroule sous nos yeux, le spectacle ne perd jamais sa douceur.
La danse et la musique au cœur de la féérie
La technique des danseurs est elle aussi à couper le souffle. Mais au-delà de la difficulté des mouvements, c’est surtout leur fluidité qui impressionne.
Tout paraît doux et naturel. Les enchaînements sont précis, les mouvements d’une grande légèreté, et la difficulté technique derrière tout cela finit presque par se faire oublier.
C’est aussi ce qui rend la performance aussi agréable à regarder. Les danseurs ne donnent jamais simplement l’impression d’exécuter une chorégraphie. La danse fait partie de l’histoire et donne vie aux personnages autant que les costumes et les décors.
Et puis, il y a la musique.
Dans la fosse située au pied de la scène, l’Orchestre des Grands Ballets, une formation réunissant 55 musiciens et solistes, interprète en direct la musique de Tchaïkovski pendant la représentation. Entendre cette partition jouée à quelques mètres des danseurs rend l’expérience encore plus impressionnante.
La musique accompagne chaque mouvement et donne encore plus d’ampleur aux différents tableaux. Par moments, ce qui se déroule sur scène absorbe tellement l’attention qu’il serait presque facile d’oublier que l’orchestre joue réellement en direct juste devant.
Malgré l’ampleur de la production, rien ne semble être là uniquement pour impressionner. Les décors et les costumes accompagnent les danseurs, tandis que l’orchestre donne encore plus de force à ce qui se déroule sur scène. Le résultat est grandiose, mais reste étonnamment doux.
Retrouver ses yeux d’enfant
Il suffit de regarder autour de soi dans la salle pour constater que Casse-Noisette n’appartient pas à une seule génération.
Des enfants aux spectateurs plus âgés, toutes les générations se retrouvent devant le même spectacle. Et une fois les premières notes entendues, tout ce beau monde semble partager le même émerveillement.
C’est ce qui frappe aussi dans cette première expérience : la magie de Casse-Noisette n’a pas vraiment d’âge.
Pendant un peu plus de deux heures, les adultes peuvent eux aussi retrouver leurs yeux d’enfant et simplement se laisser transporter.
Impossible d’ailleurs de choisir une scène ou un tableau qui aurait surpassé les autres. C’est l’ensemble qui marque. La beauté des costumes, la douceur des danseurs, l’orchestre, les décors, les jeunes interprètes et cette impression constante d’être ailleurs.
Pour une toute première expérience, Casse-Noisette aura donc été exactement ce qu’un rêve de petite fille pouvait laisser espérer : un moment de pur émerveillement.
Lorsque les derniers applaudissements arrivent, l’envie d’y retourner est déjà présente. Revoir les mêmes décors, réentendre la musique, observer à nouveau les danseurs et probablement découvrir des détails passés inaperçus la première fois.
Après toutes ces années, Casse-Noisette continue de démontrer pourquoi il occupe une place aussi particulière dans le temps des Fêtes montréalais.
Une première fois à couper le souffle, qui donne déjà envie d’une deuxième.
(MISE A JOUR) Casse-Noisette sera de retour à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts du 5 au 30 décembre 2026, avec 21 représentations au programme.
Une occasion de découvrir ce grand classique des Grands Ballets pour la première fois… ou de retrouver, pendant quelques heures, ses yeux d’enfant. 🩰✨

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